Rendez-vous Down Under

Les Nouvelles Aventures de Justin, Marie, Maya et Sébastien en Australie !

L'Australie Et Mes Vaines Questions (Attention, Je Divague Sous Influence)

Des sensations d'Australie...comment les collecter, m'en souvenir, les partager ? J'ai l'impression de vivre dans un autre fuseau horaire (ce qui est vrai), dans un autre hémisphère (tout autant), ces trucs qui glissent, qui dérangent, qui sentent, qui étonnent...

La croix du Sud, une belle constellation qui domine le ciel étoilé et le drapeau; on a repéré pas loin Jupiter et Vénus (si, si, c'est Skyview qui l'a dit). On était à l'école des enfants pour un sleepover ! Oui, une fois par an, les parents sont invités à venir planter la tente dans le grand Oval, le terrain de sport:  tout cela encadré par les scouts, avec un grand feu de joie, du pain cuit dans les braises (dumper - typiquement le truc qui remplit l'estomac quand on est perdu dans le désert), des papas avec leur bières, parlant de rugby league, des enfants jouant à la handball. Le grand manitou, Paul, a dit vers 20h30 qu'on aurait un 'supper' plus tard (?), bizarre on a déjà mangé (des burgers au barbecue)...ah, mais là, 'supper' ça veut dire des thés et des donuts, ok ! Belle nuit dans la tente, il pleut à 3h00, et je reçois des gouttes sur la tête...ahrhahahrrr...  

Moments A IthacaMoments A Ithaca
Moments A Ithaca
Moments A IthacaMoments A Ithaca

Moments A Ithaca

Ce soir, on est d'humeur chantante...récemment, à la foire de Brisbane, lors d'un gigantesque show à base de drapeaux australiens, de troupeaux, d'hymne national, et de course poursuite en moto et voiture, on a eu droit à un medley des hits australiens...Men at Work, Midnight Oil, ACDC...alors on se souvient de ce moment d'union, en train d'hurler 'Thunder'; c'est notre gimmick, notre mantra du moment. Ce 'thunder' qui fracasse notre vie sur cette planète australienne ! Six mois à la vitesse de l'éclair !

THUNDER !

Un collègue nous propose deux jours de randonnée, avec nuit dans le bush en haut d'un sommet ! Je suis resté interdit un instant...c'est cool, il est vraiment sympa de penser à nous, et il est australien en plus ! Oui, parce que, comme partout, l'intégration est la clé de voûte de notre aventure. Alors, je guette, je tente, je me cache, j'attends. Ces gens autour de moi, qui sont-ils, qu'attendent de moi, de nous ? Pourquoi ne nous proposent-ils pas plus souvent d'aller chez eux ? Sans doute parce qu'ils ont déjà leurs vies ici, et je suis juste le visiteur de passage. Je me retrouve à Toulouse, à Montréal, avec les même difficultés et même interrogations sur le les raisons cachés, inconscientes de nos voyages. Oui c'est vrai, pourquoi chercher la difficulté alors que nos familles et nos amis de toujours sont si loin de nous ?

C'est une des grandes questions de mes 46 ans. Je vous l'accorde, c'est pathétique d'évoquer la fameuse (!) crise...et en même temps, partager cela avec vous tous, c'est cathartique ! Merci de me lire ! Il y a ces voyages donc, mais aussi le temps qui passe, les plus jeunes qui deviennent grands (parfois ce sont mes managers, ahhahh, parfois des Présidents de la République), la carrière (suis-je là où l'on m'attend, suis-je là où je veux être), toutes ces choses à savoir, à découvrir, qu'on ne saura jamais, ces piles de livres, cet égocentrisme vain, cette introspection sans cadeau, cette spiritualité fuyante...  

Le Cri

Le Cri

Chercher encore et encore une solide poutre sur laquelle marcher sereinement. Je me rappelle d'un tee-shirt au tournoi Inter-ENSI de 1995, bleu, où était écrit 'Pour ceux qui veulent tracer leur chemin eux-même'. Épuisant de réaliser qu'un bout de tissu imbibé de whisky coca me semble une issue honorable à ces questions existentielles et cette recherche prétentieuse. 

Alors voilà, à partir d'une invitation à marcher en famille par un authentique colon britannique sur cette terre aborigène, je me surprends à reprendre le cours de ma vie, à me questionner sur ces bifurcations souvent de circonstances, ces envies à peine dévoilées, ces choix fébriles, ces surprises qui n'en sont pas, ces attentes, ces accélérations, ces souvenirs qui ressurgissent pêle-mêle. 

L'armée et le Mont-Blanc, les études et les sandwichs du jardin de Luxembourg, le lycée et JB sur sa mobylette, le collège et le directeur qui me tire par l'oreille dans son bureau, l'école primaire et le baiser d'Anne, la maternelle et les cerceaux qui roulent en arrière, moi bébé dormant dans un baignoire sabot... 

De Beaux Pixels des Années 1990 !

De Beaux Pixels des Années 1990 !

Nous partirons donc un weekend bientôt, marcher dans le bush. On aimerait dormir dans des swags, c'est vraiment excellent, ce combiné entre le sac de couchage et la tente personnelle. Encore un souvenir d'Uluru il y a 18 ans, avec Yann, et ces 5 jours dans le désert australien. Un scorpion pas loin, autour du feu, Noël sous le ciel étoilé. Et sans doute je me disais, quel bonheur de pouvoir un jour revenir avec ma famille vivre cela. Et m'y voilà, nous y voilà. A portée de mains, à quelques heures d'avions.

Donc c'est ça, la vie, une sorte de lourde spirale qui cherche à s'étirer, quand on cherche à grandir, empli du poids de ses souvenirs, de ses traumatismes et ses feux d'artifices, qu'on se pousse en avant, qu'on entraîne ceux qu'on aime vers une page nouvelle, aussi légère, simple, pleine de promesses que possible.

Swag australien à UluruSwag australien à Uluru

Swag australien à Uluru

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Bruno Comtois 12/09/2018 02:45

Vraiment trop hot cette vie! Les questions, on se les pose tous… c'est que tu es sain! Pour toi, c'est cette "problématique de socialisation", pour d'autres c'est la santé… mais on se pose tous ces questions!

Isa 08/09/2018 11:09

^^ je me demande comment j’ai pu en arriver à 42 ans à me retrouver chez ma mère. Si j’avais pu dans mon existence je serai restée tranquillement à l’endroit que j’aimais le plus lorsque j’avais 15 ans.... ironie de la vie qui décide pour nous ... et tant mieux ! Elle répond mieux que nous à nos attentes. Il y a 2 mois j’ai fait une formation compta/gestion.... 8 heures dans un bureau avec, à la clef la promesse d’un job, ma mort programmée. Un été plus tard je suis en train de monter mon projet.... point chaud/snack dans un adorable petit village ... je suis complètement sûr-excitée et heureuse à l’idée de monter mon boui-boui.... J’ai appris le renoncement, la patience et surtout j’ai confiance en la vie .... et ma foi j’y trouve mon compte et je grandis beaucoup... ça me coûte quelques larmes mais j’avance... J’ai aussi appris que lorsqu’on est bien avec soi même on peut vivre partout et avec n’importe qui ... je me sens plus forte et curieusement moi qui construit une maison je suis complètement détachée du matériel .... je me sens libre alors que je pourrais me sentir enchaînée... curieux paradoxe. Je profite toujours de ma vie comme si chaque jour était le dernier et je remercie le ciel d’avoir la santé pour accomplir les choses que j’arrive enfin à refaire ... exemple 10 kms en courant ! ???? merci à mon Cœur de ne pas lâcher ! No limite c’est mon let-motiv’ !! Bisous mon Seb .... Je pense très souvent à toi ! Bisous à ta merveilleuse petite famille ... elle te ressemble beaucoup... ????❤️

ludo 07/09/2018 10:24

Superbe article mon ami .. très touchant car tout ce que tu dis me parle beaucoup. C’est rassurant de voir que nous ne sommes pas seuls au monde à avoir ce type de réflexions et d’interrogations. Cela doit être l’apanage des quarantenaires comme nous :-) Gros bisous.
PS: Quel beau gosse tu étais quand meme à 18 ans :-)

Aurelie Blin 06/09/2018 14:20

ohhhh seb quel bonheur de te lire !!! et quel article :-) je t embrasse mon ami