Il fallait finir par vous raconter nos dernières aventures... (et oui, les accents sont de retours sur les claviers !).
Depuis Salta en Argentine le 18 mai, quelques bus nous attendaient encore pour rejoindre Corrientes le long de la frontiere avec le Paraguay. Le hic avec ces bus de nuit, c'est quand l'alarme de survitesse bipe dans le bus entier, manière de responsabiliser le conducteur pressé. Puis un effort de plus dans la foulée nous projettait vers Iguazu. Ces fameuses chutes étaient bien l'unique objet de certitude dans ce voyage...et ce n'est pas une mais plus de 200 chutes qui nous attendent, sur une largeur de plusieurs kilomètres. Bref, de quoi se régaler et s'en mettre plein la vue. Les précipitations des jours précédents nous assurent un spectacle réjouissant, le vacarme et le débit sont à la... hauteur.
En passant la frontière entre l'Argentine et le Brésil, nous ressentons comme un goût de 'dernier'. Dernier tampon sur le passeport, dernière monnaie, dernier...tout. Le retour se rapproche et pour conjurer ce sort écrit d'avance, il nous faut une rupture, une pause. Nous décidons au hasard notre avant-dernière destination, pariant sur la petite étoile qui nous guide si bien depuis le début. Florianapolis, île flanquée à 1000 kilomètres sous Rio.
Un rabatteur nous aborde et les yeux rougis par cette mauvaise nuit du 28 mai, nous le suivons maussades. Végétation dense, et petites villas simples, un grand lagon au centre de l'île, et nous voila à Barro de Lagoa.Village de pêcheur, un enfer l'été, et le paradis pour nous aujourd'hui.
Nous prenons possession d'un petit studio, près du port, et partons bien vite marcher le long d'une plage à perte de vue, sous un ciel lourd et menaçant. Nous sommes bien, le visage fouetté, et le sel sur les lèvres. Quatre jours dans ce havre de paix, vivant près des pêcheurs en tongues, et buvant une bière locale le soir, entourés d'habitués aux visages burinés. Le poisson acheté chaque soir finit sur un filet de pommes de terres au four, comme nous l'explique en portuguais le poissonnier du coin.Un soir, des centaines de villageois se rassemblent sur le sable, célébrant une pêche miraculeuse de plusieurs tonnes de mulets. Spectacle stupéfiant de ce filet de un kilomètre déployé, et tiré depuis la rive par tous les enthousiastes, criants, chahutants et applaudissants.Le 3 juin, nous sommes a Rio, dans le quartier de Catete. Ces derniers jours touristiques nous font écumer de nombreux endroits dispersés dans cette gigantesque ville, et nous restons classiques, entre le Pan de Azucar et le Corcodova, Copacabana et Ipanema, le tram vers San Teresa. D'abord sous la pluie puis au soleil, nous marchons sans fin dans ces rues animées.
Arrivés le 7 juin à Orly, l'atterrissage se fait en douceur depuis Rio, et Madrid. Nous regrettons un peu ces dernières conditions de vol avec Iberia, mais comment se plaindre après ces mois de transports souvent chaotiques. Et même lorsque nous devons attendre notre comité d'accueil à Orly pendant 2 heures (parti nous récupérer a Roissy..), la décontraction et la nonchalance reprennent le dessus et nous nous lançons dans une partie de Yam's acharnée au bar du terminal.
Le retour n'est pas dur, car nous l'avons beaucoup imaginé ces derniers jours en Amérique du Sud. Il fallait nous projeter dans cette réalité, nous rassurer et concrêtiser nos premiers jours en France. Toulouse n'a pas changé, nous y sommes bien.